LE BLOG DE LA GALERIE

DENATURARERUM/INSILVA - Les 2 expositions de la rentrée au Lycée G. Fauré, Foix- 1.09-30.11-2020

Emprunter au poète Lucrèce (vers 98 - 55 av J. C.) le titre De rerum natura, « La nature des choses », pour présenter notre exposition, est à la fois un hommage au disciple d’Épicure, mais surtout à sa compréhension, à la fois sensible et philosophique, de la Nature universelle. Son projet poétique illustre non seulement l’art de la parole mais aussi l’art du raisonnement poétique au sens que donne Kant dans sa Critique de la faculté de juger : «La poésie est l’art de conduire un libre jeu de l’imagination comme une activité de l’entendement. ».

Étendre à tous les arts contemporains, la force de l’art poétique, art majeur chez les Antiques…

C’est la fête des sens dans les six chants de Lucrèce, mêlée à la passion de la vérité scientifique pour elle-même. Toutefois c’est un raisonnement analogique qui est proposé. Or, on le sait, le raisonnement analogique est le support de la pensée épicurienne. Il permet de comprendre le caché par le visible, l’inconnu par le connu. Et vice-versa, avec le travail des artistes plasticiennes - Cassandre Cecchella, Sophie Dando, Léa Herrero, Coline Mesplou et Séléna Janhsen de DENATURARERUM et du photographe Christian Lebon ( IN SILVA) qui explorent les trompe-l’œil, les visions oniriques, la fantasmagorie de la nature.


Nous n’avons pas évoqué encore les Résistances, pourtant De rerum natura et DENATURARERUM ainsi que IN SILVAnous proposent une voie en ces temps dystopiques :

« Il (Épicure) vit que les mortels disposaient déjà de presque tout ce qu’exige l’usage de la vie et que leur existence était aussi assurée que possible ; il vit des hommes puissants qui regorgeaient de richesses, d’honneurs, de gloire, et que comblait encore la bonne renommée de leurs enfants : et cependant partout, dans l’intimité des âmes, il ne trouva qu’angoisses, ingrates rancœurs s’en prenant sans relâche à la vie, plaintes aigres que rien ne pouvait réfréner. Il comprit que le mal venait du vase même, qui perdait tout ce qu’on y pouvait verser de meilleur : soit que, fêlé, troué, il fût impossible de jamais l’emplir ; soit qu’il empoisonnât de son infection le goût de tout ce qu’on y mettait. Alors il proclama les vérités propres à purifier les cœurs, mis une borne au désir et à la crainte, expliqua quel était ce souverain bien auquel nous aspirons tous et montra la voie la plus courte qui nous y mènerait sans détours ; il expliqua aussi les maux qui, de toutes parts atteignent la vie des hommes, ceux qui nous adviennent ou fondent sur nous de façons diverses, par action fortuite ou nécessaire de la nature, et indiqua par où il convenait de faire front à chacun d’eux. Il prouva que, la plupart du temps, c’est sans raison que le genre humain roule en son cœur le flot d’amertume des soucis : car, comme s’affolent des enfants qui s’effraient de tout dans les noires ténèbres, ainsi en pleine lumière il nous arrive d’appréhender des périls qui ne sont pas plus à craindre que ceux dont s’épouvante l’imagination des enfants dans les ténèbres. Eh bien ! Cette terreur, ces ténèbres de l’âme, il faut qu’elles soient dispersées, non par les rayons de soleil et les traits lumineux du jour, mais par la contemplation rationnelle de l’ordre de la nature. » Lucrèce, De rerum natura, chant IV.

B. Schultz, pour l’association lagalerie09

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